« Les voix d’Handi Surf » #4 – Julien Caste et « Lehena », premiers sur la vague Handi Surf

Associé à son ancien collègue Battit Chaudière, il a repris la plus ancienne école de surf d’Hendaye qu’ils ont renommée « Lehena ». Encadrant, co-responsable de structure de surf et formateur Handi Surf, Julien Caste le multi-casquettes, nous raconte la mise en place et la vie du projet « Quand le handicap se dissout dans l’eau » dans une école de surf.

« On accueille tout le monde ! »

Il a eu du mal à quitter les bancs de l’école : BTS en gestion de protection de la nature, Brevet d’Etat de surf, éducateur spécialisé, DU accompagnement des personnes avec autisme, à 37 ans Julien Caste a un curriculum vitae bien rempli. Ce passionné de surf, attaché au volet éducatif et au secteur social, a voulu tout associer. Avec Battit Chaudière, diplômé STAPS APA (Activité Physique Adaptée), ils ont monté une école à leur image. Bon enfant, souhaitant rendre le surf accessible à tous, Lehena, « la première » en basque, est aussi la première structure en France à avoir obtenu le label Handi Surf. En face de la plus grande plage de la Côte Basque, dépeinte comme le paradis de l’enseignement du surf, ils permettent depuis 2013 à des personnes en situation de handicap de goûter aux plaisirs de la glisse. Reconnue pour son engagement, Lehena l’est tout autant que son co-dirigeant, qui est notamment intervenant dans la formation Handi Surf. Un éducateur né qui ne manque pas de motivation.

Bonjour Julien ! « Lehena », l’école de surf que tu co-diriges, est la première structure à avoir obtenu le label « Handi Surf » en France. Depuis quand et pourquoi avez-vous voulu mettre en place le projet Handi Surf ?

Bonjour ! Ça s’est passé plus ou moins naturellement. En fait dès que j’ai eu le BE de Surf, à 23 ans, avant même de passer mon diplôme d’éducateur spécialisé, j’ai bossé avec des groupes de la protection judiciaire de la jeunesse et des jeunes en situation de handicap. J’avais bien kiffé, ça m’a donné envie de faire ça, de me former. Battit, qui avait un diplôme de STAPS APA était lui aussi dans cette optique.

Quand on a repris l’école en 2012, on a donc monté des projets avec des institutions, notamment le foyer de vie Celhaya à Cambo. On avait fait un retour vidéo et à la fin du projet on était parti là-bas leur présenter notre montage. Jean-Marc (Jean-Marc SAINT-GEOURS, fondateur Handi Surf) est tombé dessus, m’a appelé, et c’est comme ça qu’on s’est rencontré et qu’on est rentré dans le dispositif Handi Surf. Ça fait un petit moment maintenant !

Quel « type » de public accueillez-vous le plus ?

On accueille tout le monde !

Après ça dépend si on parle d’accueil de groupes issus d’institutions ou non. Par exemple, on a des projets avec deux groupes de Plan Cousut (Institut médico-éducatif de Biarritz), dont l’unité autisme, qui viennent toutes les semaines. Depuis l’année dernière en fonctionnement régulier nous n’avons qu’eux, donc beaucoup de public en situation de handicap mental. On accueille aussi des groupes avec du handicap moteur, mais de façon plus ponctuelle, les institutions avec qui nous travaillons n’étant pas forcément du coin, à part Marienia (Cambo) avec qui on travaille chaque année.

Et c’est bien sûr sans compter les particuliers !

Cela fait maintenant sept ans que vous travaillez avec la méthode Handi Surf. Est-ce que vous savez si des personnes viennent spécifiquement en vacances dans la région pour les cours que vous proposez ?

Oui ! Notamment quelques allemands de l’équipe nationale qui viennent surfer avec nous depuis 2 ou 3 ans. C’est parti d’une personne, Benny, qui était venu sur la Côte Basque et qui était motivé pour surfer. Il en a parlé autour de lui, a ramené des potes et par le bouche-à-oreille ils sont maintenant 3 à prendre des vacances sur la Côte pour venir surfer avec nous. Y’en a plusieurs comme ça qui prennent chaque année deux semaines pour prendre des cours à l’école !

Notre avantage c’est que quand une personne s’inscrit, on n’a pas de questions à se poser sur l’emploi du temps etc… chaque moniteur peut l’accueillir !

A la différence des clubs de surf qui font des cours hebdomadaires sur l’année scolaire, ta structure est une école qui par nature fonctionne surtout en saison. Est-ce que malgré cela vous arrivez à mettre en place des cours inclusifs ?

Oui, on en fait un petit peu même si c’est plus difficile dans une structure privée que dans un club de surf (dans le monde du surf, on distingue les clubs de surf structures associatives qui fonctionnent à l’année, et les écoles de surf, entreprises privées, qui travaillent surtout en saison). On fait de l’inclusion sur certains types de handicap, avec certains profils autistiques. Il faut que ça s’y prête bien et bien choisir le groupe avec qui tu le fais. Dans l’inclusif, surtout dans le handicap mental, il faut qu’il y ait une récurrence de l’activité que nous on n’a pas. C’est surtout des stagiaires à la semaine, donc d’une semaine à l’autre ça change, ce qui peut être plus perturbant qu’aidant. Il faut que ça soit réfléchi, c’est pas l’inclusion comme on la définit en club quand il y a une pratique régulière à l’année où tu peux ritualiser pleins de choses. Dans un club, pour tout type de handicap on peut travailler l’autonomie dans l’eau, ce qui fait que dans la zone de surf, au bout d’un certain nombre de séances de pratique, le handicap disparait.

En école de surf, c’est différent, c’est beaucoup d’initiations, donc une autonomie dans l’eau limitée. Encore que dans notre école, nous avons de la chance d’avoir une clientèle qui revient d’année en année, parfois même en hors saison, donc une progression dans la pratique !

Quels projets souhaiteriez-vous développer autour du Handi Surf ?

Peut-être un peu plus de perfectionnement para surf ou para surf adapté, mais peu de personnes font des cours à l’année. On est une école, donc il y a forcément un coût qui est plus élevé qu’en club !

On avait aussi pas mal d’évènements prévus, qui ont été annulés au vu de la crise sanitaire. Nos projets avec les institutions sont suspendus… donc on verra à la rentrée, c’est un peu au ralenti pour le moment !

Quel mot définit pour toi la pratique du « Handi Surf » ?

Passion !

« Les voix d’Handi Surf » #3- Céline Rouillard, l’Océan pour thérapie

Il y a quatre ans elle cédait à l’appel de l’Océan et commençait le surf. Un sport qu’elle avait choisi de pratiquer pour contrer l’avancée de sa maladie et qui s’est vite révélé être une passion. Céline Rouillard, aujourd’hui compétitrice au niveau national et européen, nous raconte l’impact que la pratique de ce sport a eu sur sa vie.

Elle a grandi à Saint-Jean-de-Luz, face à l’Océan Atlantique qu’elle affectionne, sans jamais toucher une planche de surf. En 2015, elle revient sur la Côte Basque atteinte d’une sclérose en plaques qui affecte sa motricité et décide de se lancer corps et âme dans la pratique de ce sport exigeant. Un nouveau défi à relever pour Céline Rouillard qui considère le handicap comme une différence mais pas comme un obstacle. Quatre ans plus tard, cette challengeuse a tout gagné : une passion, une amélioration de son état de santé et deux titres d’envergure. En seulement deux années de compétitions elle devient en effet, Vice-Championne de France Para Surf en 2018 et Championne d’Europe dans sa catégorie en 2019. Une sportive qui n’a pas froid aux yeux et pour qui « rien n’est impossible ».

« C’était un challenge d’essayer un nouveau sport »

Bonjour Céline ! Depuis plusieurs années maintenant tu pratiques le surf, notamment en compétition. Quand as-tu commencé ce sport ? Étais-tu déjà montée sur une planche avant ta pratique du « Handi Surf » ? 

Bonjour ! J’ai commencé le surf il y a quatre ans, quand je suis rentrée au Pays Basque pour me remettre en forme du fait de ma maladie. Je n’en avais jamais fait auparavant. En grandissant à Saint Jean de Luz, j’ai fait beaucoup de sports aquatiques, notamment de la natation, mais je n’avais jamais touché une planche ! Un jour j’ai rencontré Jean-Marc (Jean-Marc SAINT-GEOURS, Directeur et co-fondateur de l’Association Nationale Handi Surf) lors d’une séance piscine. Je lui ai alors demandé si c’était possible de faire du surf avec ma maladie, il m’a répondu : « Céline, rien n’est impossible ».

Que ressens-tu lorsque tu es dans l’Océan et que tu surfes ?

La liberté !

Je suis atteinte d’une sclérose en plaques, une maladie qui touche le système nerveux et affecte la motricité. Quand je suis dans l’eau je suis plus légère et portée par la flottaison. L’Océan offre une facilité dans les gestes et dans le mouvement. Au niveau moteur c’est génial ! Ca m’a été très utile physiquement de pratiquer ce sport.

Est-ce qu’après ces quatre années de surf tu as pu voir des bénéfices dans ta vie quotidienne ?

Le surf m’a énormément apporté, tant au niveau moteur que mental. Ca m’a permis de faire l’inventaire des possibilités qui s’ouvraient à moi et des nouvelles choses que je pouvais faire. C’était un challenge d’essayer un nouveau sport, de faire quelque chose que je ne faisais pas avant ma maladie. On se concentre sur le positif au lieu de se focaliser sur ce qu’on ne peut plus faire ! J’y ai aussi fait la rencontre de personnes inspirantes. On se rend compte que chacun a ses difficultés. Et dans un sport comme celui-ci, exigeant et qui nécessite de s’adapter sans cesse à l’environnement, c’est d’autant plus flagrant.

Je ne suis pas la seule à en avoir senti les bénéfices, l’équipe médicale qui m’entoure a été impressionnée des résultats et des progrès que j’ai pu faire !

Tu as commencé la compétition en 2018, seulement deux ans après tes débuts en surf et tu as déjà gagné deux prix importants ! Pourquoi as-tu décidé de te lancer dans la compétition ?

C’était un challenge. Dans mon club (l’Aviron Bayonnais Surf Club dont elle est aujourd’hui la secrétaire générale) il y avait déjà plusieurs compétiteurs dans les catégories Para-Surf et Para-Surf adapté. Ca a favorisé mon envie de me lancer. Jean-Marc SAINT-GEOURS en était le Président à l’époque, on était donc bien au courant des compétitions de para surf qui avaient lieu !

Même si c’était un défi, c’était surtout un plaisir. A l’extérieur du surf, du fait de ma maladie, je pratique beaucoup de sport, d’exercice physique, notamment de la kiné. La compétition c’était un cadeau que je faisais à mon côté challengeur : ça n’avait plus rien à voir avec ma santé, c’était simplement pour moi !

Il y a aujourd’hui de plus en plus de surfeurs en situation de handicap. Cependant, on voit que la pratique féminine en « handi surf » est plus faible. A ton avis, à quoi est-ce dû ? As-tu pu voir une évolution ?

Oui, je trouve que c’est en train d’évoluer. On est sur une bonne dynamique !

En seulement deux ans, j’ai pu voir un nombre croissant de filles et notamment de jeunes sur les compétitions Para Surf. Le fait que des jeunes filles se mettent à la compétition c’est prometteur pour la suite. C’est surement dû à une évolution plus générale des mentalités depuis plusieurs années. Quand j’étais adolescente, le surf était un milieu plutôt masculin, seuls mes copains garçons surfaient. Aujourd’hui le surf féminin est reconnu. C’est la même chose pour le sport handi ! Aujourd’hui on met la pratique en avant. Cette tendance, on la retrouve dans les centres de rééducation, notamment à Marienia à Cambo où je suis allée. Les professionnels nous vantent la pratique du sport, et nous poussent à nous dépasser. Ils nous aident à trouver de nouvelles façons d’arriver aux objectifs qu’on vise et nous donnent des clefs pour qu’on apprenne à adapter nos gestes. On y côtoie aussi pas mal de sportifs qui viennent s’y entrainer, faire de la préparation physique… Tout ceci porte et nous montre que le handicap est surtout dans les yeux des autres. Qui a décidé qu’il ne devait y avoir qu’une seule façon de faire les choses ?

Pour finir, quel mot définit pour toi la pratique « handi surf » ?

Le plaisir !

Crédit photo : RiBLANC

« Les voix d’Handi Surf  » #2- Dorian Lafitte, la passion au service du handicap

Il a 30 ans et depuis 12 ans il enseigne le surf avec passion au sein du club de surf Ocean Roots sur le bassin d’Arcachon. Encadrant formé à la méthode Handi Surf depuis 6 ans, il est notamment reconnu pour son action auprès des jeunes de l’association M en Rouge. Dorian Lafitte, sacré meilleur éducateur Handi Surf de France en 2018, nous raconte la passion qui l’habite pour son enseignement auprès des jeunes en situation de handicap.

 » Une fois que j’ai mis le nez dedans, je n’ai plus lâché ! « 

Certains ont la fibre de l’enseignement et c’est assurément le cas de Dorian Lafitte. A peine majeur, ce passionné de surf et de bodyboard délaisse la compétition qu’il pratique au niveau national, pour se consacrer à l’enseignement de son sport-passion au sein du club où il a évolué : l’Ocean Roots sur le bassin d’Arcachon. Un peu par hasard, il se voit associé dans un projet du club autour du surf et des personnes en situation de handicap et fait partie de la première promotion à être formée à la méthode Handi Surf. Quatre ans après il est élu meilleur éducateur Handi Surf de France. La raison ? Le plaisir qu’il prend à cet enseignement un peu spécifique et les actions qu’il a mises en place avec les jeunes de l’association M en Rouge. Un éducateur qui marche au challenge et aux sourires des jeunes qu’il encadre.  

Bonjour Dorian ! Cela fait plusieurs années maintenant que tu encadres la pratique « Handi Surf ». Comment es-tu arrivé à t’impliquer auprès des personnes en situation de handicap ? Pourquoi avoir décidé de te former à la méthode Handi Surf ?

Bonjour ! Si j’ai commencé à faire surfer des personnes en situation de handicap et que je me suis formé pour, c’est un peu par hasard. Je ne connaissais pas vraiment cette pratique. C’est grâce à une convention signée entre le club où j’enseigne, l’Ocean Roots, et l’USCBA (Union des Surf-clubs du Bassin d’Arcachon) que ça a commencé. Grâce à ce partenariat, on a pu avoir des locaux accessibles avec douches et vestiaires, ce qui nous a permis de développer de nouvelles actions, de nouveaux projets… et notamment celui porté par le président de l’USCBA de l’époque, Bertrand Druart, et les associations Grandir avec ABA et M en Rouge ! C’était en 2014, ils souhaitaient monter un projet autour du surf pour les personnes en situation de handicap et la même année l’Association Nationale Handi Surf organisait sa première formation. On m’a proposé d’être l’éducateur de la structure qui irait se former, j’ai accepté… et une fois que j’ai mis le nez dedans je n’ai plus lâché !

Qu’est-ce que t’apportes ton enseignement auprès des personnes en situation de handicap ?

Une capacité d’adaptation et beaucoup de joie ! Je travaille beaucoup avec l’association M en Rouge et donc majoritairement avec des personnes porteuses d’autisme. Le maître mot de l’enseignement auprès des jeunes que je suis c’est l’adaptation : l’adaptation de la pédagogie à la personne à qui l’on enseigne. Chacun fonctionne différemment, il faut donc sans cesse adopter une approche différente. C’est l’enseignement à partir de la personne qui me plait, c’est toujours stimulant ! J’enseigne le surf depuis 12 ans maintenant, et ce qui me marque dans ces cours c’est la joie et l’émotion qui y règnent. C’est différent du public dit « valide », ils ne cachent pas leur plaisir d’être là, que ce soit en piscine ou dans l’Océan, c’est toujours un vrai bonheur pour eux et donc pour moi.

Tu es le moniteur référent du programme Handi Surf de l’association M en Rouge, et tu encadres des séances d’aisance aquatique en piscine tous les premiers dimanches du mois : est-ce que ces moments sont importants pour la pratique en milieu naturel ?

Oui, c’est certain. On a vu que c’était nécessaire lors de la première entrevue avec les enfants et les familles pendant un week-end Handi Surf à la plage de La Salie. Certains enfants ne mettaient même pas les pieds dans l’eau, c’était assez compliqué. Avec Carol Combecave (N.D.R.L Présidente de l’association M en Rouge) on a donc voulu mettre en place des séances en piscine, comme le proposait la méthode Handi Surf. Le but c’est de faire de l’aisance aquatique en relation avec la pratique du surf, et ainsi de familiariser les enfants à l’eau, au matériel, à la planche, de créer un lien de confiance avec l’éducateur. Par le jeu on leur apprend à souffler dans l’eau, à faire l’étoile de mer, à respirer, à flotter etc… Ils s’habituent aussi au bruit ambiant de la piscine, et sont moins déstabilisés par la stimulation sensorielle qu’ils subissent en bord de mer. Ces séances sont donc importantes pour la pratique en milieu naturel et les progrès réalisés par les enfants en piscine se ressentent dans l’Océan… où en tant que surfeur je suis quand même bien plus à l’aise !

Depuis 2017, tu emmènes des jeunes de l’association sur les Championnats de France de Surf : comment t’es venu l’idée d’amener ces jeunes en compétition ? Est-ce que c’était une demande de leur part ?

Alors pour être honnête l’idée n’est pas venue de moi ! C’était une envie des jeunes et de leurs parents. J’étais même un peu frileux à cette idée, j’avais peur que l’environnement de la compétition, avec son lot de stress et de compétitivité ne soit néfaste pour le groupe, que ça entraine de trop grandes frustrations. Finalement Jean-Marc (N.D.R.L Jean-Marc Saint-Geours, Directeur et co-fondateur de l’Association Nationale Handi Surf) nous a poussé et en 2017 pour la première fois nous avions 5 jeunes qui représentaient les couleurs de M en Rouge et du club Ocean Roots au sein de la catégorie Para Surf Adapté des Championnats de France de Surf (N.D.R.L une catégorie qui existe depuis 2015). L’effet de cette compétition a été tout l’inverse de ce que je craignais : ils se sont très bien débrouillés, ils étaient vraiment heureux, solidaires et ont été boostés par cette participation d’où chacun est ressorti gagnant. La motivation est telle, que l’année passée nous étions 9 jeunes de l’association M en Rouge et du club Ocean Roots dans la catégorie… sur 11 compétiteurs !

La cérémonie de la remise des prix l’an passé a été le point d’orgue de notre travail et pas seulement parce qu’ils ont eu le privilège, que beaucoup de surfeurs doivent leur envier, de se voir remettre leur prix par Jérémy Flores. Pour la première année, la remise de prix de la catégorie Para Surf Adapté avait lieu au même moment que celle des autres podiums, ce qui veut dire qu’ils ont reçu leur prix devant une salle bondée, bruyante et clairement enthousiaste, ce qui peut se révéler difficile pour des personnes porteuses d’autisme. Comme l’ensemble des compétiteurs, ils ont simplement profité du moment. Dans ces moments-là, on se souvient des premières séances avec eux, quand les parents et les médecins nous disaient que certaines choses seraient impossibles, qu’il y avait des limites et des freins qui semblaient insurmontables. Quand il me semblait parfois que la progression était limitée, qu’on tournait en rond. Finalement, quand on prend du recul et qu’on voit l’évolution des jeunes c’est impressionnant ce que le surf a pu leur apporter. Pour beaucoup, cela a eu un impact dans leur vie quotidienne, notamment sur la concentration à l’école. C’est super !

Quel mot définit pour toi ton engagement auprès de ces jeunes ?

Le Partage !

Dans le contexte actuel, difficile pour de nombreux surfeurs, as-tu des nouvelles de tes jeunes ? Ont-ils hâte de reprendre les activités surf ?

Avec certains on garde le contact, je reçois des messages, des mails, des messages vocaux des enfants envoyés par les parents… c’est très sympa. Ils nous tardent à tous de reprendre le surf, et il me tarde de les revoir. Pour le moment on prépare le potentiel retour à l’eau, on est en train de mettre en place des exercices qu’on va leur envoyer pour qu’ils se remettent un peu au boulot ! Quand il sera possible de rouvrir le club, nous avons prévu, avec les consignes données par l’Association Nationale Handi Surf, de faire des cours particuliers et de mettre à l’eau les aidants familiaux pour le respect des gestes barrières. Ils vont pouvoir mettre à profit ce qu’ils ont appris en surf (beaucoup d’aidants se sont mis à la pratique du surf pour partager la passion de leur enfant) et lors de la formation Handi Surf qu’ils ont suivie l’an passé !

Propos recueillis le 12 mai 2020

Crédit photo : M en Rouge

« Les voix d’Handi Surf » #1- François GOUFFRANT et Jean-Marc SAINT-GEOURS, les initiateurs d’un projet « un peu fou »

Ils sont amis depuis de nombreuses années, surfeurs depuis des dizaines et passionnés par ce sport. Ensemble et un peu par hasard, ils ont créé l’Association Nationale Handi Surf et permis à de nombreuses personnes en situation de handicap d’accéder aux plaisirs de la glisse. François GOUFFRANT (le président) et Jean-Marc SAINT-GEOURS (le directeur) introduisent naturellement ce cycle « Les voix d’Handi Surf ».

« Nous avons commencé avec 3 enfants sur la plage Marinella à Anglet en 2008 »

Sur les vagues du Pays Basque, ils ont passé de nombreuses heures à apprendre, à jouer, à partager. Leurs premiers pas dans le monde du surf remontent à quelques (dizaines) années en arrière. Ils vivent « la vie d’un surfeur passionné », comme le résume François GOUFFRANT qui s’intéresse et évolue tant sur le short board, que sur le Stand Up Paddle, single fin, gun et surf tracté. Jean-Marc SAINT-GEOURS a quant à lui décidé de s’impliquer depuis plus de 30 ans dans la vie associative du surf, au niveau local et national. Ils ont tous deux connu la compétition, avec une sélection en Equipe de France pour le président. Avant l’aventure Handi Surf, le duo cochait toutes les cases du surf français. Lorsqu’on leur demande pourquoi ils se sont lancés dans ce projet, leur réponse pourrait être résumée par deux mots : « sport passion » et « partage ». 

Bonjour à vous deux ! Vous avez commencé à faire surfer des personnes en situation de handicap en 2008, comment l’idée vous est-elle venue ? Aviez-vous des personnes en situation de handicap dans votre entourage?

F.G. Bonjour ! L’idée de faire « surfer » des enfants autistes est venue suite à une émission sur une expérience menée au Mexique. J’en ai parlé à Jean-Marc qui, avec « son » Aviron Bayonnais Surf Club (il en était alors le président), a mis à disposition les moyens matériels.

J.SG. Nous avons commencé avec 3 enfants sur la plage Marinella à Anglet en 2008. Pour nous qui n’avions aucune personne en situation de handicap dans notre entourage, cette première action a été un véritable déclic. Nous avons voulu partager cette joie et les plaisirs de la glisse avec d’autres enfants et nous avons alors créé l’association « Des Vagues et des Enfants ».

F.G. Nous faisions surfer entre 3 et 15 enfants par an. Cela aurait pu rester comme cela mais Jean-Marc a eu l’idée d’ouvrir l’action à d’autres types de handicap, et l’association initiale s’est transformée en l’Association Nationale Handi Surf (2012).

Tout a donc commencé grâce à une émission ! Aviez-vous déjà connaissance des bienfaits que le surf pouvait avoir sur les personnes en situation de handicap ?

F.G. Jusqu’en 2008 nous n’avions aucune connaissance des bienfaits du surf sur ce public. En revanche, nous savions très bien que cela était bénéfique pour les personnes valides.

J.SG. Personnellement, j’avais déjà pu observer ses vertus thérapeutiques à deux reprises : une fois dans les années 1990 alors que quelques initiations au surf pour les personnes en situation de handicap ont été réalisées, l’autre sur ma propre personne lors de mon retour à l’eau après une maladie invalidante.

F.G. Quand nous nous sommes posés la question pour les enfants atteints de troubles autistiques, la question n’était pas vraiment de savoir si ça allait leur faire du bien mais surtout de quelle manière nous y prendre.

Justement, est-ce-qu’il a été difficile dans les premiers temps de faire venir vers ce sport, réputé difficile d’accès, des personnes en situation de handicap ? Comment vous y êtes-vous pris ? 

J.SG. Le reportage vu par François nous avait donné envie de nous ouvrir à l’autisme. Le surf est considéré par de nombreux « valides » comme inaccessible, alors quand nous avons présenté le projet de faire surfer des personnes porteuses d’autisme et cherché des personnes pour nous accompagner les portes ne se sont pas tout de suite ouvertes. Le projet était jugé un peu fou ! Les premiers à nous avoir suivi ont été le centre Francessenia à Cambo. Lors de cette initiation nous avions fait un petit film. Tout est vraiment parti de là. Tant notre envie de poursuivre nos actions, que des appels de parents désireux de faire découvrir l’activité à leurs enfants après avoir visionné le film.

F.G. Le plus difficile n’est pas de faire venir des personnes sur la plage pour partager quelques vagues car même si ce n’est pas automatique c’est toujours vécu comme un plaisir par les intervenants (moniteurs de surf, bénévoles) qui encadrent les actions. Le plus difficile est le travail de l’ombre pour aller faire reconnaître la méthode Handi Surf, pour aller trouver des partenaires, pour aller nouer des contacts dans ce milieu si spécifique qu’est le handicap.

Êtes-vous satisfaits du travail accompli jusqu’ici ?

F.G. Oui, plus que satisfait ! Nous sommes partis de 3 enfants porteurs d’autisme auxquels nous voulions faire partager notre sport-passion, et nous touchons aujourd’hui 2500 personnes en situation de handicap par an.

J.SG. Avec la création de la formation Handi Surf qui a conduit à la formation d’environ 300 BE/BPJEPS Surf (éducateurs), la labellisation de 136 structures sur l’ensemble du territoire nationale et l’accueil de plus de 2500 personnes par an, nous sommes très satisfaits tant qualitativement que quantitativement !

Pour finir, quel est le mot qui définit pour vous l’association ?

F.G. Sourire !

J.SG. Inclusion. Parce que toutes les actions et les accueils se font la plupart du temps avec des jeunes valides qui feront la société inclusive de demain.

Crédit photo : RiBLANC

Rétrospective 2019 : une année d’évolutions et d’innovations !

Crédit photo : RiBlanc

Une formation Handi Surf en expansion, des innovations notamment technologiques au service du surf des personnes en situation de handicap et de leurs aidants et une reconnaissance de nos actions, voilà le bilan de l’année qui vient de s’écouler !

Avant de prendre ensemble le premier take off de 2020, il nous tenait à cœur de revenir sur les temps forts que nous a offert l’année 2019.

Un réseau toujours en expansion,

La réussite du projet de l’Association Nationale Handi Surf repose essentiellement sur les acteurs de terrain qu’elle a réussi à fédérer autour d’une idée : permettre aux personnes en situation de handicap de profiter des bienfaits du surf en inclusion. Moniteurs de surf, structures de surf ou structures proposant des activités surf, bénévoles impliqués, ce sont eux qui permettent l’accueil et l’inclusion. La formation Handi Surf et la labellisation sont ainsi une réponse à leur envie et leurs besoins de professionnalisation vis-à-vis de ces publics dits spécifiques.

Cette année, ce sont 78 moniteurs et 12 structures qui ont rejoint notre réseau, dont 3 en Méditerranée. En matière de formation, la nouveauté 2019 est certainement celle dont ont pu bénéficier les aidants et les bénévoles de l’association M en Rouge. Une nouveauté qui sera reconduite grâce à l’aide de nos partenaires et mécènes.

Des innovations toujours au rendez-vous,

L’année 2019 avait commencé par des projets importants et ambitieux : l’octroi d’un terrain par la ville de Bayonne pour la construction de la première Maison des Aidants Handi Surf et le partenariat avec l’entreprise By The Wave pour la mise en place d’une nouvelle technologie à destination des personnes en situation de handicap.

Si la construction de la Maison des Aidants Handi Surf a connu un retard certain- la livraison étant finalement prévue au premier semestre 2020- le second projet a franchi un cap important. En effet, les premiers tests de la planche connectée, destinée à définir les appuis des personnes en situation de handicap dans le but de leur proposer une planche réellement adaptée à leur pratique, ont commencé cette année. Une innovation bienvenue pour les nouveaux handi surfeurs désireux d’évoluer dans leur pratique. Restez connectés, la vidéo de ces tests devrait sortir très prochainement !!

Une nouvelle mission dans le champ du handicap et de l’inclusion,

Ces derniers mois l’Association s’est vu confier de nouvelles missions dans le champ du handicap et de l’inclusion : la participation au jury des Trophées APAJH et au Comité de Recommandation chargé de proposer une liste des futurs membres du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées à la Secrétaire d’Etat Sophie Cluzel.

Des participations qui nous ont permis de rencontrer de nouveaux acteurs, de s’ouvrir à de nouveaux projets et d’œuvrer d’une autre façon pour l’inclusion de ces publics dits spécifiques, au sein de la société. Elles sont aussi une reconnaissance des actions entreprises depuis plus de 6 ans par l’ensemble des acteurs qui composent notre association.

Mentions spéciales,

Après cinq années à œuvrer à nos côtés pour l’accueil et l’inclusion des personnes en situation de handicap par le surf, notre partenariat historique avec AG2R La Mondiale a pris fin en 2019. Nous tenions par ces quelques mots à les remercier pour leur confiance, dès les prémices de ce beau projet.

C’est une belle histoire qui se termine, alors qu’une autre commence grâce au soutien de notre nouveau mécène le Groupe MACIF.

Nos objectifs pour l’année 2020

A défaut d’écrire une liste de bonnes résolutions – souvent mise au placard dès la mi-janvier- nous avons établit nos objectifs pour l’année 2020 : plus de sourires, plus de partage, plus de glisse, davantage de bien-être et de répit pour les aidants.

En bref, poursuivre notre chemin pour plus d’inclusion, de solidarité et de bien-être pour la société de demain grâce à vous tous !

Et les aidants ? Handi Surf leur fait prendre la vague

Les aidants familiaux connaissent généralement une fatigue, un stress et un surmenage dû à leur situation et au support psychologique qu’il leur est demandé de fournir. Par un programme dédié et l’ouverture prochaine de sa « Maison des aidants Handi Surf », l’Association Nationale Handi Surf a vocation à participer à la prise en charge de ces héros (trop) souvent invisibles.

Ils ont à gérer leur vie professionnelle, leur vie personnelle et… le transport, les soins médicaux, les démarches administratives lourdes, le soutien émotionnel, ainsi que l’ensemble des actes de la vie quotidienne. Ils connaissent toutes les habitudes de vie de leur proche, ses goûts, ses doutes. Ils sont aux aguets de façon permanente quant à l’évolution de l’état de santé de la personne aidée. Un engagement de tous les instants auprès de leur proche en situation de handicap, malade ou âgé, parfois/souvent au détriment de leur propre santé et bien-être; un engagement qui fait des aidants familiaux des héros du quotidien.

Ces aidants, pour les membres de l’Association Nationale Handi Surf, ce sont Marie, Stéphane, Marc, Christelle, Christine… Des personnes inspirantes, engagées corps et âme pour leur enfant (il s’agit la plupart du temps de parents), son bien-être, son bonheur. A leur contact depuis 2008, l’Association Nationale Handi Surf a été témoin de la fatigue, du stress et parfois du surmenage qu’engendrent ces prises en charge. Elle a alors souhaité leur offrir des instants de répit et les intégrer pleinement au projet de l’association qui permet à des personnes en situation de handicap de découvrir et de s’épanouir au travers des sensations de glisse.

La prise de contact,

Pour ces aidants le début de l’aventure est sensiblement toujours le même : un appel sur le portable du Directeur-Fondateur Jean-Marc SAINT-GEOURS, dû au bouche à oreille ou à une action relayée sur les réseaux sociaux. Un appel pour disposer d’informations, par des aidants sans cesse à la recherche de nouveautés, de bien-être, de solutions et d’inclusion pour leur proche en situation de handicap. Un appel qui sonne comme un espoir, celui de faire bénéficier d’une activité outdoor, ludique et à « sensations », à ce proche, ce parent, cet enfant, un peu différent.

De cette première prise de contact découle l’événement tant attendu : une session au contact de l’Océan, cet environnement spécifique synonyme de puissance, de dépassement de soi, de risques, qui effraie généralement plus les aidants que les personnes en situation de handicap. Un moment toujours magique, empli d’émotions, avec des enfants qui « sourient dans l’eau alors que les parents pleurent sur le sable ». Un moment qui favorise la parole et qui révèle le parcours souvent semé d’embûches de ces êtres entièrement dévoués au bonheur de leur proche.

La « Maison des Aidants Handi Surf », un programme dédié

Etre pleinement inclut dans la prise en charge de leur proche, recevoir des informations, bénéficier d’une oreille attentive, ou partager les problèmes du quotidien; ce sont les demandes exprimées par les aidants familiaux au travers d’une étude réalisée par l’Association.

Une étude qui a aboutit à la mise en place d’un programme leur étant dédié, dont l’objectif est de leur offrir une « pause », un « souffle » dans l’accompagnement quotidien. Une écoute, une prise de parole, des réunions animées conjointement par une psychologue et le fondateur de la méthode Handi Surf, un accès à l’information, sont autant de propositions et d’actions que l’association met à leur disposition.

Aujourd’hui, près de 500 familles sont ainsi soutenues sur le Pays Basque, le Sud des Landes et le Bassin d’Arcachon. Demain, grâce au sport, les services offerts aux aidants pourront se démultiplier par la construction de la « Maison des Aidants Handi Surf », qui devra sa réalisation au Comité national de Coordination Action Handicap (CCAH) et ses partenaires, particulièrement impliqués. Une structure qui permettra d’étendre davantage les actions proposées, allant de l’aide administrative et de l’accompagnement psychologique, au bien-être par des activités physiques, ou des ateliers coiffeur et esthéticienne. Un lieu leur permettant aussi une prise de parole dans l’accompagnement sportif des personnes en perte d’autonomie, grâce au « projet personnalisé sportif », qui les associe.

« Aujourd’hui nous allons plus loin que l’accueil des personnes en situation de handicap au sein d’activités sportives. Une prise en charge globale de ces personnes et la prise en charge de leurs aidants par le sport, est une totale nouveauté. Cela ne s’est jamais vu » (Jean-Marc SAINT-GEOURS).


Sandra SAINT-GEOURS

Crédit photo : Guillaume Arrieta @we_creative

Carton plein pour la catégorie Para Surf Adapté lors des Championnats de France de Surf 2019

Hier, pour la 7ème journée des Championnats de France de Surf 2019 organisés par la Fédération Française de Surf sur les communes de Capbreton, Hossegor et Seignosse, la catégorie Para Surf Adapté a une nouvelle fois conquis le public.

Ce vendredi 26 octobre au matin, il s’agissait de la 5ème édition des Championnats de France de Surf pour la catégorie Para Surf Adapté. Depuis les Championnats de 2015 à Biarritz, l’Association Nationale Handi Surf et la Fédération Française de Surf, font ainsi office de pionniers en intégrant pleinement cette catégorie au sein de l’évènement sportif de l’année fédérale. Cette année, la catégorie comptait 11 compétiteurs (tous atteints de troubles autistiques), soit 3 de plus que lors de l’édition précédente qui avait déjà doublé l’effectif. Les spectateurs du spot de la Sud ont aussi pu apercevoir un invité un peu particulier : un (grand) lapin revêtu d’une chemise aux motifs hawaïens, mascotte de l’association M en Rouge.

M en Rouge et Ocean Roots à l’honneur,

Le Bassin d’Arcachon était bien représenté hier matin, tant sur le sable que dans l’eau, avec pas moins de 9 compétiteurs issus de l’association M en Rouge sur les 11 que comptait la catégorie Para Surf Adapté. Une réussite pour l’association d’aidants familiaux présidée par Carol Combecave qui, avec le club de surf Ocean Roots et son moniteur formé Dorian Lafitte, met en place avec succès la méthode Handi Surf sur le bassin depuis 2014. Un succès si retentissant, qu’Alex le lapin parisien et son fils, nouveau compétiteur de cette catégorie, ne loupent aucune action piscine chaque premier dimanche du mois.

Leur joie d’être ensemble, leur plaisir de surfer et leurs cris de soutien, accompagnés par ceux de la délégation de la Ligue de Surf de Guadeloupe venue en force pour son champion Peyo, ont retenti tout au long de ces 3 séries un peu magiques. Un belle communion sportive, notamment ressentie lors de la remise des prix.

Des Championnats toujours plus inclusifs,

C’était une première. La première fois depuis 2015 que la remise des prix de la catégorie Para Surf Adapté avait lieu au même moment que celle des autres podiums. Un exercice qui peut se révéler difficile pour des personnes atteintes de troubles autistiques. Pourtant, hier soir, devant une salle bondée, bruyante et enthousiaste, les 11 compétiteurs ont reçu leur médaille et leur lot. L’occasion de partager avec le public leur émotion, entre pas de break dance, Dab et cris de joie. Un moment de plaisir pour les compétiteurs, largement partagé par les spectateurs.

Cette remise des prix un peu spéciale, était aussi pour eux une véritable reconnaissance de leur statut de surfeur et compétiteur, avec un parrain de soirée lui aussi pas comme les autres: le premier surfeur français qualifié pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, Jérémy Flores.

Sandra SAINT-GEOURS

Quand tous les handicaps se dissolvent dans l’eau, une journée Handi Surf à Hendaye

Mardi 17 septembre, sur la plage d’Hendaye et sous un beau soleil d’été indien, l’Association Nationale Handi Surf organisait une de ses journée de partage et de glisse. L’occasion pour les cinq résidents des MAS (Maison d’accueil spécialisée) Mosaique et Biarritzenia et leurs équipes accompagnantes de (re)découvrir les sensations de glisse et le bonheur y afférent.

Le surf, sport à l’image jeune et dynamique, est reconnu pour ses bienfaits dûs tant aux sensations qu’il prodigue que pour l’environnement marin dans lequel il s’exerce. Une combinaison source d’apaisement, de sentiment de liberté et de confiance en soi. Depuis 2012, l’Association Nationale Handi Surf s’attelle à faire bénéficier de ces bienfaits à l’ensemble des publics en situation de handicap. La semaine passée, l’association, aidée de l’équipe de l’Avion Bayonnais Surf Club, du surfeur de gros Gauthier Garanx et de sa marraine Pauline Ado, accueillait cinq personnes en situation de handicap lourd ou polyhandicap, résidents des MAS Mosaique et Biarritzenia pour une journée de glisse.

Une session sous le signe du partage et de l’inclusion

Le rendez-vous était donné sur la plage emblématique de « la baleine » à Hendaye. Une nouveauté pour le centre Biarritzenia, une habitude pour la MAS Mosaique, qui, depuis 5 ans, a noué un partenariat avec l’association visant à introduire le surf dans la prise en charge de certains de ses résidents. Un bonheur à chaque fois retrouvé pour Manu, devenu fan de surf, dont les nombreux rires ont illuminés la matinée.

Vagues et rires partagés, appréhension souvent plus importante chez les accompagnants que chez les résidents, ces sessions en dehors du cadre du centre sont aussi des moments de partage et d’inclusion entre les résidents et leurs équipes accompagnantes.

Le surf, sport accessible à tous

Grâce à ses actions et à la formation d’environ 300 moniteurs de surf, l’Association Nationale Handi Surf démontre ainsi depuis 7 ans, que toute personne peut accéder au surf, qu’elle soit ou non en situation de handicap et quelque soit son handicap. Le tout étant de bénéficier d’une prise en charge professionnelle et sécurisante, qui s’étend aujourd’hui sur l’ensemble du littoral français.

Sandra SAINT-GEOURS